Rémi Guertin géographe

Quoi de neuf docteur...



Facebook, la liste et moi


Ville de Québec

«Facebook, finalement, n’est qu’une liste ! La constatation n’a rien d’extraordinaire, et pourtant cette liste, qui peut évoquer à certains égards le convoyeur hypnotique, aurait effectivement tendance à nous emporter dans sa logique». Tel est le point de départ de cet essai qui, avec justesse et vivacité, se propose de mettre en évidence cette logique et ses effets, particulièrement ceux qui infléchissent notre façon d’être au monde. Cette idée est venue à l’auteur à la lecture du Vertige de la liste d’Umberto Eco (2009), où ce dernier propose une histoire de la liste dans la littérature, de Homère à Perec, qui révèle une fascination singulière et une propension curieuse de l’homme à vouloir énumérer le monde. Mais là où la liste d’Eco a été recherchée, élaborée, celle de Facebook au contraire aurait tendance à s’imposer à nous.

Géographe, Rémi Guertin n’est pas un spécialiste des réseaux sociaux ou de Facebook en particulier. Il a un compte Facebook comme 2,23 milliards d’individus dans le monde mais à l’usage, il a fait quelques observations qu’il désire partager avec ses contemporains tout en espérant provoquer une réflexion autour de cette liste qui tend à nous manipuler.

Si, comme d’autres médias sociaux, Facebook a certes son utilité, il a aussi ses revers qui entretiennent une dévorante soif de reconnaissance sans parvenir à satisfaire une expectative qui de toute façon est déjà recyclée par de nouvelles publications. Facebook aurait donc tendance à nous transformer en une masse indifférenciée d’individus dépersonnalisés par les prodiges de sa liste dopante.

Clin d'œil sur cinq quartiers de Québec


Ville de Québec

Si chaque ville est unique, les quartiers qui la composent le sont peut-être encore plus. Un quartier, c’est quelque chose d’intime, qui incarne un quotidien fait de mille petites choses. Un quartier — mon quartier —, c’est le prolongement d’une cour arrière ou d’un 2 ½, c’est le dépanneur du coin et le son des cloches d’une église qui dessert maintenant trois paroisses. Mais c’est également les cris des gamins d’en arrière qui barbotent dans la piscine hors terre et l’alignement des paniers de basket qui ornent une rue sans trottoir, comme autant de palmiers de banlieue, quand ce n’est pas un but de hockey qui se dresse comme une forteresse dérisoire, face au trafic de cinq heures.

Préface de Luc Ampleman.

Copies d'auteur disponibles (15$) : rguertin.com [a] gmail.com

Une monographie structurale sur nos chemins de fer


quebec photographe remi guertin

Mais comment a-t-on pu construire des chemins de fer à l'époque du régime seigneurial? La question, qui paraît incongrue en apparence, surgit à partir du moment où sont interrogées les modalités d'accès à des positions géographiques. Il faut rappeler que sous le régime seigneurial, le sol ne peut pas être acheté comme aujourd'hui; il pouvait être concédé moyennant notamment le versement de droits annuels. Traverser l'espace seigneurial exigeait donc, pour une compagnie ferroviaire, le versement de droits seigneuriaux sur chaque censive traversée, ce qui aurait été tout simplement prohibitif! Et pourtant, les entrepreneurs vont construire plusieurs chemins de fer, et ce, bien avant l'abolition de ce régime de droit en 1854.

Ce livre montre comment les seigneurs ont été des intermédiaires entre des positions géographiques inaccessibles en droit et des compagnies qui cherchaient à contourner les prescriptions du régime seigneurial pour aménager des chemins de fer. Si la vallée du Saint-Laurent a connu quelques zones franches permettant à l'industrie d'échapper à la féodalité canadienne (le canal Lachine, Saint-Roch, Lévis), les compagnies ferroviaires vont pour leur part négocier directement des ententes ad hoc avec les seigneurs de façon à constituer des emprises libérées de l'essentiel des obligations du régime seigneurial.


Préface de Gilles Ritchot


Québec la capitale sans ville


Ville de Québec

Une ville peut-elle en dissimuler une autre? Peut-elle servir de paravent, permettant d'occulter des déceptions, voire des traumatismes? Peut-on aller jusqu'à lui inventer un passé pour ne pas avoir à reconnaître qu'on lui aurait volé son future? Québec - La Capitale sans ville propose une morphogenèse de Québec, c'est-à-dire une interprétation de l'émergence et de la structuration de ses quartiers, les uns par rapport aux autres. L'ouvrage montre par ailleurs que cette émergence, ainsi que la dynamique urbaine de Québec, sont encore tributaire des décisions prises au fil du temps. Une vision neuve sur Québec, un ouvrage d'érudition qui nous fait mieux comprendre pourquoi une Capitale peut exister sans ville!

Préface de Gérard Beaudet.